Janaki est la femme la plus chaleureuse que j’ai rencontrée à Ramnagar. Elle m’accueille toujours les bras ouverts, enchantée des questions de l’étrangère. Elle accomplit des pèlerinages lointains et moult rituels, se lève à 4 heures du matin faire ses ablutions dans le Gange. Elle accorde une grande importance à la religion. Sur la photo, elle accomplit le rituel annuel de la puja au soleil. C’est l’une des seules femmes instruites que je connais, et elle est toujours ravie de partager ses connaissances.
Janaki est mon initiatrice. Nous avons une très bonne "communication interne" toutes les deux. Elle est d’une gentillesse presque maternelle avec cette étrangère, seule, loin de son pays… Combien de fois ne m’a-t-elle accueilli, bichonné, nourrit…
Je vais avec elle à quatre heures du matin, dans le noir, non pas observer, mais accomplir le rituel quotidien du matin. Nous nous baignons dans le fleuve vêtus des vêtements de la nuit. Prenant de l’eau du fleuve entre nos mains en coupe, nous la laissons s’écouler en disant « Om namah shivaya ! Puis, remplissant nos mains de nouveau :
« Om namah shivaya ! ».
Nous répétons ce geste cinq fois. Il est important d’être relié à ceux qui nous ont précédé sur Terre, et nous ont légué beaucoup de savoirs. Cette eau que nous laissons couler de nos mains leur est offerte, m’explique Janaki. Nous sortons, mettons des vêtements secs, lavons les autres.
De son panier, mon initiatrice sort les ingrédients de la Puja quotidienne. Nous posons quelques fleurs sur la rive du fleuve, allumons une lampe, la mouvons en cercle.
Hommage est rendu aux forces en action dans l’univers.
Elle me fait tremper mon annulaire dans du Sindour, je fais cinq marques rouges à l’entour des fleurs : nous offrons au divin les cinq sens à travers lesquels nous percevons le monde, nous remercions pour l’air que nous respirons, pour l’Eau qui nous maintient en vie, pour la Terre qui nous nourrit… et nous mettons quelques grains de riz.
Avant de partir, nous poussons notre offrande dans le fleuve : plus aucune trace de rituel ne subsiste.