Ashirvaad
Bénédiction donnée lors d’un mariage
Le contenu de ce mot est très concret. Il s’agit d’une force que le donneur envoie dans la personne qu’il bénit, force destinée à aider cette personne dans la réussite. Un enfant reçoit la bénédiction de ses parents, de ses proches, de son maître, et de tous ceux à qui il offre un hommage respectueux.
Pour illustrer comment les hindous considèrent la bénédiction, voici une anecdote.
Surej Mishra est venu un soir avec sa femme pour que mon fils leur fabrique un Vidéo CD. Nous avions assisté à une cérémonie, pris de nombreuses photos, enregistré les chants. Nath leur a fait visionner les séquences, leur demandant s’ils souhaitaient que d’autres photos soient incluses, et quand tout a été au point, il a lancé la gravure. Nous avons continué à bavarder. Janaki, voyant le temps passer sans que Nath s’occupe de l’ordinateur, a dit :
Laissez tomber pour le VCD, vous nous le donnerez plus tard.
Nath a répondu :
il est en train de se fabriquer tout seul.
Comme elle ne comprenait pas, son mari est intervenu dans mes explications :
c’est comme quand nous donnons l’ashirvaad. Une fois que c’est donné, ça continue tout seul.
Elle a instantanément saisi, et s’est étonnée qu’un ordinateur puisse travailler de la même façon que la bénédiction !

La photo de gauche montre Sobha, la fille de Bhola, recevant la bénédiction de son oncle dans les heures précédant le mariage, qui s’est déroulé la nuit même. En Inde, l’ashirvaad fait partie du quotidien du temps et des moments : les jeunes gens touchent les genoux des aînés en signe de respect, mais aussi, disent-ils, afin de prendre un peu des bonnes énergies des personnes possédant des connaissances, de l’expérience.
Une petite anecdote : Comme chaque année j’accompagnais Janaki pour la grande fête du soleil, fête où elle jeûne durant quatre jours et accomplit des austérités. Le dernier jour, à la fin, chacun et chacune s’est pressé pour lui toucher les pieds. Dans un soudain élan, j’ai imité, et Janaki m’a demandé :
ça t’a fait du bien ?
J’étais interloquée, car je pensais que ce geste était pour son bénéfice. On m’a expliquée gentiment que cela permettait aux personnes de "prendre" un peu des mérites qu’elle avait gagné durant ces quatre jours.
Pour rencontrer les personnages de cet article :
Surej Mishra
Janaki, femme d’avocat
Bhola, prêtre
Sobha