Asnaan
Appelé "asnaan", c’est une pratique qui consiste à purifier son corps de tout résidu.
Elle commence par l’évacuation des intestins :
hommes et femmes partent à l’écart emportant un pot d’eau,
et se soulagent sur un coin de terre.
La chose faite, ils rendent hommage au Fleuve,
s’aspergent le sommet du crâne
de quelques gouttes de son Eau,
et s’immergent.
Le corps est entièrement baigné,
lavé des traces de son activité.
La moindre parcelle de peau est lavée,
et les neuf portes du corps :
les yeux, les oreilles, les narines, la bouche et les autres.
Pranayâna
L’asnaan est effectué au levé du soleil,
au zénith,
et au crépuscule :
les trois moments de passage, de la nuit au jour, du matin à l’après-midi, et du jour à la nuit.
Seule l’asnaan du matin est une injonction
à laquelle nul Hindou ne se dérobe
– homme, femme, ou enfant.
Les Brahmanes doivent réciter chaque matin,
au moment des ablutions, le mantr qui leur a été communiqué lors de l’initiation.
Je livre le témoignage de Bhola, prêtre :
« Chaque matin, après l’asnaan dans le Gange, je fais pranayân : je prends une inspiration profonde, retiens mon souffle, et lorsqu’une chaleur se produit dans le cerveau, à ce moment, je récite les vingt-quatre syllabes du mantr. Je ne le fais qu’une fois par jour, le matin. Le plus grand sacrifice est celui du souffle, dans lequel le dévot offre sa respiration.
Les symboles, les explications ou les analyses ne m’intéressent pas : ce qui compte, c’est de faire. »
Asnaan est un mot récurent du langage quotidien. La question est souvent posée :
« asnaan hua ? Tu t’es lavé ? »