Prochaine fête : 12 novembre 2007
Le deuxième (duj) des frères (bhaya) « Bhaya duj » est une fête nationale. Le rituel se déroule en général dans les cours des maisons où les femmes se rassemblent pour faire un mandala en bouse de vache, dans lequel elles placent divers objets et accomplissent un rituel pour préserver leurs frères d’une mort violente. C’est l’occasion de renouveler les liens d’affection : les frères se voient offrir des sucreries, les soeurs des vêtements, un peu d’argent ou un bijou.
Extrait de "Pieds nus à Sangam"
Samedi 17 novembre 2001
Du balcon, j’aperçois Indou, Sindou, Rénou et leurs cousines en train de dessiner un mandala sur le sol devant la maison. Je descends : elles font une puja pour leurs frères. Chacune a devant elle un monticule de bouse de vache, ou « Gobar ». Un grand carré en Gobar, d’un mètre vingt environ de côté, s’ouvre sur les quatre directions.

Au centre un couple étendu, en Gobar : les organes génitaux en Gobar, les seins en Gobar, se dressent dans des reliefs généreux. On modèle des scorpions, un serpent, la lune, le soleil, et devant chaque porte du carré en Gobar, un homme et une femme, plus petits que le couple central mais semblables. Des gamines, fabriquant des sexes d’hommes dressés à la verticale, en érection ! Les quatre angles du mandala s’ornent de rangements : c’est la cuisine, en Gobar, disposant d’un fourneau en terre (chula) miniature, en Gobar.

Lorsque tout est prèt pour le rituel,
mes amies descendent au fleuve se laver, vont se changer.
Endimanchées, elles se remettent à la tache.
Des petites marmites sont apportées : ce sont les « kirona », ou dînette. Faites de Terre, peintes et décorées par les potiers, elles sont rangées dans la cuisine en Gobar.
Mes amies offrent des colliers de fleurs aux couples nus, les saupoudrent de poudre de sindour, enroulent des fils de coton enduits de pâte jaune autour de leur poignet, allument des lampes…

Bari Mamie raconte une histoire, les sœurs rient à la chute ; Indou raconte trois histoires, chacune ponctuées de rires. Enfin, Bhabie chante pendant que les sœurs enduisent un grand pilon de bois de pâte de turméric (haldi), y font des marques de sindour, y versent du lait.
Sous le pilon de bois, une brique en Terre, et sur la brique en Terre, une noix d’arec et diverses épices. D’une main, toutes ensemble, elles tiennent le pilon et se mettent à piler les épices en riant. Elles cassent la brique, abandonnent le pilon au milieu.
Maintenant, il faut sauter par-dessus le mandala ! Les rires redoublent, elles sautent, et ressautent… Demain, elles nourriront leurs frères de gâteaux. Le mandala est abandonné au plaisir des chèvres venant lécher le lait, manger les fleurs…