Comment j’ai rencontré la plus belle femme de la Terre.
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La plus belle femme de la Terre

" La première fois que je l’ai vue, elle dormait allongée sur le sol, un soir de pluie. J’étais avec mes grands-pères au bord du Gange. Nous nous apprêtions à aller assister à la dixième nuit du ramlila lorsqu’il se mit à pleuvoir :

« aoo ! viens, j’ai un ami pas loin » me dit Sobha.

Nous remontons le chemin. Avant le croisement, à droite, une porte est ouverte sur une pièce sombre. L’averse éclate en trombe. Un homme est assis sur un tchoki. Il regarde la télévision, un poste rouge, vétuste, posé sur une petite étagère murale en coin.Il se lève, nous accueille. Grand, mince, une soixantaine d’années ou un peu plus, un beau visage sombre au regard direct, habité de lumière. Sa moustache remonte de chaque côté des joues, pointant vers les yeux. Soba me le présente : Déonath, il va tous les jours au Ramlila.

Déonath s’empresse, appelle : qu’on apporte un siège à l’étrangère ! Une chaise en plastique rouge apparaît dans la pièce, entre les mains d’une jeune fille. Sur le sol, à la perpendiculaire du tchoki, des corps allongés sous une couverture occupent l’espace libre. Déonath pose la chaise près de la porte, me prie de m’asseoir. La jeune fille s’extasie d’une voix perçante : une étrangère parlant hindi ! Une tête émerge des couvertures : j’hésite, c’est un homme ou… « Ma femme » dit Déonath. » (Extrait de « Sangam » vendredi 15 septembre 2000).

Quand à savoir comment j’en suis arrivée à passer devant cette porte ouverte, c’est une autre histoire…

Patience.







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