vendredi 1er octobre 2004 : 
Eclatement du terrain

Déménagement
J’ai déménagé ce matin. Toutes mes affaires sont entassées sur un "thali", ces plateaux de bois rattachés à une bicyclette : la gazinière et sa bouteille de gaz, mon sac à dos, mes seaux…
Je retourne habiter un ancien palais près de la ghât principale de Bénarès, la même chambre que j’occupais en 2000, avant de construire ma maison à Ramnagar. C’est une chambre toute petite formant un demi hexagone, ouverte sur le Gange. Je ne peux décidément pas me passer de la compagnie du fleuve.







Hijra





Il me vient cette année une foule de nouvelles expériences, du fait de changer de lieu d’habitation. Durant le mois que j’ai passé à Assi, j’ai rencontré des hijra, ces femmes qui ont un corps d’homme, ne peuvent enfanter, ne peuvent faire d’autres travail que danser et chanter dans les mariages, les naissances, ou n’importe quelle occasion, pour attirer des bénédictions.









le corps enduit de Terre


J’ai approché aussi le monde de la lutte indienne, ces "maisons de force" indienne où les hommes, de 7 à 57 ans travaillent leur corps après l’avoir enduit de Terre. J’ai gravi les escaliers menant à cet espace masculin, bravant les regards étonnés des hommes. J’ai ôté mes chaussures, avec respect, j’ai demandé à celui qui paraissait le maître de séance si je pouvais faire quelques photos. L’accueil a été des plus sympathiques, j’ai dû répondre à mille questions avant de pouvoir poser les miennes ! Moyennant quoi, la séance photo s’est déroulée dans un plaisir partagé. (La photo du maître se trouve dans la galerie photo, ajout le 25/02/05)





Une boutique de fortune


Ici, à Dashashwamed, je voudrais aller parler avec les mendiants ornant les abords de la ghat, mendiant, éternellement. J’ai repéré une distribution de nourriture le matin à laquelle j’ai envie d’assister. Surtout que ça se tient juste à côté d’une boutique de fortune dont je connais la propriétaire, et en plus il faut que je lui remette sa photo. Tout à coup je découvre que parlant hindi facilement maintenant, je peux m’adresser et m’intéresser à n’importe qui, et c’est ce que je fais.






Les marques rouges et blanche que Babaji dessine sur son corps
Eclatement du terrain, donc, avec un changement d’échelle. Le déroulement des rituels que j’ai vécu avec les familles de Ramnagar, je suis à même maintenant de l’observer dans la vie quotidienne de la ville, l’oeil a appris à voir : tel jour on trouvera tel et tel fruits, ou telle et telle poudre, ou bien tel jour le lait et le yaourt seront plus chers, ou bien les femmes achèteront saris et bracelets et se baigneront à l’aube, ou bien les gens s’habilleront en jaune comme au cinquième du printemps, et dans trois semaine - vijay dashami, ils seront habillés entièrement en orange. Le jour de la réunion de Ram, Sita, et Lakshman avec leur deux frères, dhoti-gangis blancs et turbans rouges seront de rigueur. Tiens, ça me fait penser aux mots de Babaji concernant les marques qu’il porte sur son corps, deux traits blancs entourant une pointe rouge : ce sont les "Ram Tcharan (Caran) ", en rouge au milieu, Sita, Ram en blanc l’entourant. Mystère…





Bien que beaucoup de détails m’échappent encore, je redécouvre Bénarès avec la connaissance du sens général que les Hindous d’aujourd’hui donnent à leurs actes de vénération, et ça donne un peu le vertige. Il y a tant à voir, partout, et tout le temps…








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