Har ki Pauri est à Haridwar
ce que Dasashwamed est à Bénarès : la ghat la plus sacrée. On dit que quelques gouttes de nectar sont tombées à cet endroit lors du Barattage de l’Océan de Lait
C’est là que se tient la Kumbh mela tous les douze ans. La ghat est immense, des petits ponts et des grands ponts relient les rives du fleuve.
Lors des grands festivals annuels, la foule se presse, venue de l’Inde entière effectuer une Puja à Mère Gange
Les empreintes des pieds de
Vishnu,
ou "Vishnu Caran" sur le mur supérieur de ce bassin sont un objet de vénération particulier.
Un peu d’eau est emporté pour les grandes occasions et bénédictions. Partout, il y a vente de petits containers en plastique.
Venues du Rajasthan, des femmes – souvent très belles- arpentent la ghat proposant aux pèlerines de dessiner des fleurs sur leurs mains avec du henné. C’est une tradition lorsque l’on fait une puja.
Des distributions de nourriture ont lieu de-ci de-là. Mendiants, sadhus, mais aussi pèlerins se pressent pour un peu de halva tiède et sucrée. l’Inde dans toute sa fièvre est là, au bord du fleuve vrombissant.
Le plus incongru : des toilettes publiques complexes… Plus qu’un symbole.
Ce qui frappe dans ces images c’est la foule qui se presse au bord de l’eau.
L’eau dans laquelle se jette les jeunes depuis le petit pont (à se demander s’ils auront assez de profondeur pour se recevoir), les taches d’orange des tissus et puis… ces regards au photographe… surtout la peintre au henné… un regard énigmatique.
L’instantané qui a figé un visage, une scène, une foule… un sentiment d’étrangeté.
La scène ne se reproduira jamais de la même façon, demain ce seront d’autres personnes, d’autres visages, un autre ciel plombé de mousson. Il en a été ainsi depuis toujours en ce lieu où règne la ferveur… peuplé de sons, de cris, d’odeurs qui envahissent et saturent l’esprit…
Le monde est une énigme.