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Seuls les dieux ont ce privilège des multiples pairs de bras, de mille yeux et mille bouches… Ce sont eux qui font et défont le monde, qui rendent l’esprit "chanchale", comme disent mes amis. "Chanchale" caractérise l’esprit du singe, instable, qui saute ici et là, au gré de ce qui l’attire dans l’instant. La constance s’impose si l’on veut effleurer la profondeur des choses. Durant plusieurs années, j’ai filmé, photographié, partagé, questionné, écouté, visionné, traité des matériaux recueillis dans le bruit et la folie de la mela.
La Kumbha mela est le plus grand rassemblement spirituel au monde. La tradition de la fête (mela) du pôt (kumbh), s’ancre dans la légende, lorsque Dieux et démons se disputèrent le nectar issu du Barattage de l’Océan de Lait. Durant les douze jours qu’a duré la bataille, - douze jours divins équivalent à douze années humaines - quatre gouttes de nectar tombèrent du pot (kumbh) sur la Terre, en quatre endroits différents. Chaque douze ans, une "Fête du pot" a lieu dans chacun de ces endroits : Prayag, Haridwar, Ujain et Nasik.
Le rassemblement se plaçe sous la haute autorité de Shiva : lui seul a pu ingérer le poison produit par le barattage de l’Océan, permettant ainsi au nectar d’apparaître. Symboliquement, cela représente la capacité d’un individu à accepter le mauvais pour avoir le bon : l’ascèse est une souffrance, elle développe la liberté. La kumbhmela attire de nombreux sadhu shivaïstes venus vivifier ce symbole.
La plus prestigieuse kumbha mela est celle de Prayag. Ici Le Gange et la Yamuna mêlent leurs eaux à la mythique Sarasvati. La Maghmela s’augmente de la présence des sadhu Shivaïstes. Les hommes nus - les nagababa - sont les plus impressionnants, dans leur camp ou dans leur défilé. Ils donnent une grandeur à la mela.
Sadhus et saints - Shivaistes, Vishnuistes ou autres - parlent d’un langage codé révélant des vérités essentielles aux esprits éclairés. Le «
Kumbh
» est la phase de la respiration yogique, lorsque le souffle est retenu entre l’inspiration et l’expiration, pendant laquelle se produit le "barattage" intérieur. La conscience s’aiguise, la force se développe… Selon les écritures et les savoirs populaires, la
Kundalini shakti
monte tout le long de l’épine dorsale, se déroule petit à petit jusqu’à atteindre le sommet du crâne : là, elle s’unit à
Brahm
le principe suprême. C’est vers l’union que yogis et sadhu dirigent leur vie, en travaillant sur le souffle.
La Sangam personnifie cette union intime. Le Gange représente le souffle pénétrant par la narine gauche, la Yamuna celui pénétrant la droite, la rivière Sarasvati est le souffle du langage. Le Verbe.
Les saints et sadhus se réunissant à Prayag sont les dépositaires de cette parole qui délivre et aide les hommes à utiliser les tracas de la vie quotidienne pour s’élever vers les vérités universelles. Les Ecritures chantent
la gloire de ce rassemblement.
Le quotidien des kalpvasi, ces pèlerins qui campent tout un mois à Prayag durant douze années successives, est le même ou quasiment année après année. Un mois à vivre dans une tente en communauté de camp, un mois consacré à la dévotion et au service, au don de soi. L’article sur la MAGHMELA donne les détails de la vie dans ces "camps spirituels", ou "camps communautaires"… A la Nirvani Akhara où j’ai séjourné plusieurs années successives, j’ai appris que spirituel et communautaire allaient de pair.
Durant la kumbha mela, l’afflut des pèlerins est tel qu’ils n’ont souvent d’autre choix que de s’organiser en "camps sauvages", de ci de là et de partout. Ici, un groupe d’une centaine de pèlerins venus du Népal en bus et trains. Ils ne resteront qu’une nuit. Après leur bain, ils rempliront une fiole d’eau de la Sangam, et porteront la précieuse offrande au temple de leur village.
La kumbhamela est l’occasion de défilés gigantesques, des milliers de sadhu se rendent à la sangam par ordre de préséance, les plus anciennes akhara en tête. Trois dates rythment la kumbh :
Makar Sankranti, toujours le 14 janvier car donné par le calendrier solaire.
Mauni Amavasya, réglée par le calendrier lunaire. Jour de nouvelle lune, lune noire donc, il symbolise la dissolution (de l’égo). De nombreux sadhu choisissent cette date auspicieuse entre toute pour entrer dans une nouvelle akhara ou passer une étape de la voix dans laquelle ils se sont engagés. (cf vidéo)
Magh Purnima, pleine lune de février. La pleine lune sympolise alors la perfection, l’apogée, la complétude. Le dernier défilé à lieu, la mela se défait doucement pour se terminer officiellement à Mahashivaratri
Les video sont un support au récit, elles offrent des images sur des sons originaux, montage d’amateur. Pour les comprendre, la lecture est indispensable. Pour les visionner, c’est quicktime qui l’est. Si vous en êtes dépourvus, le télécharger
ici
Vidéo 1ère partie - La ardh kumbhmela, son ambiance dans le quotidien de ses moments. La scène montrant les barbiers a été filmée le jour de la Mauni Amavasya, la nouvelle lune des sages : beaucoup de sadhu se font raser la tête ce jour-là, et pénètrent dans un nouvel ordre, ou bien gravissent une étape dans l’ordre auquel ils appartiennent. Ensuite on assiste au bain des pèlerins la nuit de la Nouvelle lune des sages.
Vidéo 2ème partie - Le défilé des nagababa avant l’aube, au cri de "Haré haré Mahadev", "Vive le Grand Dieu". Mahadev est un des noms de Shiuw Ji (Shiva) . Le bain dans le petit matin glaçé, après lequel les corps des hommes nus sont enduits de cendre. La cendre est ce qui reste lorsqu’un corps est brûlé, purifié par le feu : l’égo a disparu. Les sadhu clament ainsi leur détachement des affaires du monde, vous les entendrez tout au long de la procession.
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Seuls les dieux ont ce privilège des multiples pairs de bras, de mille yeux et mille bouches… Ce sont eux qui font et défont le monde, qui rendent l’esprit "chanchale", comme disent mes amis. "Chanchale" caractérise l’esprit du singe, instable, qui saute ici et là, au gré de ce qui l’attire dans l’instant. La constance s’impose si l’on veut effleurer la profondeur des choses. Durant plusieurs années, j’ai filmé, photographié, partagé, questionné, écouté, visionné, traité des matériaux recueillis dans le bruit et la folie de la mela.
La Kumbha mela est le plus grand rassemblement spirituel au monde. La tradition de la fête (mela) du pôt (kumbh), s’ancre dans la légende, lorsque Dieux et démons se disputèrent le nectar issu du Barattage de l’Océan de Lait. Durant les douze jours qu’a duré la bataille, - douze jours divins équivalent à douze années humaines - quatre gouttes de nectar tombèrent du pot (kumbh) sur la Terre, en quatre endroits différents. Chaque douze ans, une "Fête du pot" a lieu dans chacun de ces endroits : Prayag, Haridwar, Ujain et Nasik.
Le rassemblement se plaçe sous la haute autorité de Shiva : lui seul a pu ingérer le poison produit par le barattage de l’Océan, permettant ainsi au nectar d’apparaître. Symboliquement, cela représente la capacité d’un individu à accepter le mauvais pour avoir le bon : l’ascèse est une souffrance, elle développe la liberté. La kumbhmela attire de nombreux sadhu shivaïstes venus vivifier ce symbole.
La plus prestigieuse kumbha mela est celle de Prayag. Ici Le Gange et la Yamuna mêlent leurs eaux à la mythique Sarasvati. La Maghmela s’augmente de la présence des sadhu Shivaïstes. Les hommes nus - les nagababa - sont les plus impressionnants, dans leur camp ou dans leur défilé. Ils donnent une grandeur à la mela.
Sadhus et saints - Shivaistes, Vishnuistes ou autres - parlent d’un langage codé révélant des vérités essentielles aux esprits éclairés. Le «
Kumbh
» est la phase de la respiration yogique, lorsque le souffle est retenu entre l’inspiration et l’expiration, pendant laquelle se produit le "barattage" intérieur. La conscience s’aiguise, la force se développe… Selon les écritures et les savoirs populaires, la
Kundalini shakti
monte tout le long de l’épine dorsale, se déroule petit à petit jusqu’à atteindre le sommet du crâne : là, elle s’unit à
Brahm
le principe suprême. C’est vers l’union que yogis et sadhu dirigent leur vie, en travaillant sur le souffle.
La Sangam personnifie cette union intime. Le Gange représente le souffle pénétrant par la narine gauche, la Yamuna celui pénétrant la droite, la rivière Sarasvati est le souffle du langage. Le Verbe.
Les saints et sadhus se réunissant à Prayag sont les dépositaires de cette parole qui délivre et aide les hommes à utiliser les tracas de la vie quotidienne pour s’élever vers les vérités universelles. Les Ecritures chantent
la gloire de ce rassemblement.
Le quotidien des kalpvasi, ces pèlerins qui campent tout un mois à Prayag durant douze années successives, est le même ou quasiment année après année. Un mois à vivre dans une tente en communauté de camp, un mois consacré à la dévotion et au service, au don de soi. L’article sur la MAGHMELA donne les détails de la vie dans ces "camps spirituels", ou "camps communautaires"… A la Nirvani Akhara où j’ai séjourné plusieurs années successives, j’ai appris que spirituel et communautaire allaient de pair.
Durant la kumbha mela, l’afflut des pèlerins est tel qu’ils n’ont souvent d’autre choix que de s’organiser en "camps sauvages", de ci de là et de partout. Ici, un groupe d’une centaine de pèlerins venus du Népal en bus et trains. Ils ne resteront qu’une nuit. Après leur bain, ils rempliront une fiole d’eau de la Sangam, et porteront la précieuse offrande au temple de leur village.
La kumbhamela est l’occasion de défilés gigantesques, des milliers de sadhu se rendent à la sangam par ordre de préséance, les plus anciennes akhara en tête. Trois dates rythment la kumbh :
Makar Sankranti, toujours le 14 janvier car donné par le calendrier solaire.
Mauni Amavasya, réglée par le calendrier lunaire. Jour de nouvelle lune, lune noire donc, il symbolise la dissolution (de l’égo). De nombreux sadhu choisissent cette date auspicieuse entre toute pour entrer dans une nouvelle akhara ou passer une étape de la voix dans laquelle ils se sont engagés. (cf vidéo)
Magh Purnima, pleine lune de février. La pleine lune sympolise alors la perfection, l’apogée, la complétude. Le dernier défilé à lieu, la mela se défait doucement pour se terminer officiellement à Mahashivaratri
Les video sont un support au récit, elles offrent des images sur des sons originaux, montage d’amateur. Pour les comprendre, la lecture est indispensable. Pour les visionner, c’est quicktime qui l’est. Si vous en êtes dépourvus, le télécharger
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Vidéo 1ère partie - La ardh kumbhmela, son ambiance dans le quotidien de ses moments. La scène montrant les barbiers a été filmée le jour de la Mauni Amavasya, la nouvelle lune des sages : beaucoup de sadhu se font raser la tête ce jour-là, et pénètrent dans un nouvel ordre, ou bien gravissent une étape dans l’ordre auquel ils appartiennent. Ensuite on assiste au bain des pèlerins la nuit de la Nouvelle lune des sages.
Vidéo 2ème partie - Le défilé des nagababa avant l’aube, au cri de "Haré haré Mahadev", "Vive le Grand Dieu". Mahadev est un des noms de Shiuw Ji (Shiva) . Le bain dans le petit matin glaçé, après lequel les corps des hommes nus sont enduits de cendre. La cendre est ce qui reste lorsqu’un corps est brûlé, purifié par le feu : l’égo a disparu. Les sadhu clament ainsi leur détachement des affaires du monde, vous les entendrez tout au long de la procession.
OM NAMAH SHIVAYA !!!!!
Magnifique images qui font du bien et nous aide ici a replonger un peu dans l’atmophsphere spirituel de l’Inde.
J’adore ce pays, il a changé ma vie.
Merci beaucoup pour les images et les explications.
Lumière a tous
OM LOKAH SAMASTHA SHUKINO BHAVANTU
un merci bien et un salut d’allemagne !
J’etais en train chercher qc sur la kumbha mela pour l’université et j’ai regardé toutes les photos et en plus il fallait refraicher mon francais pour lire les textes !
j’aimerais vraiment bien cette homepage ! :)