Katha
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Histoire-enseignement, légende, les katha mettent en scène les trois Dieux de la Trimurti , les nombreuses divinités, les sages, les rois, les hommes, dans toutes sortes de situations. La société des Dieux y apparaît similaire à la société humaine : jalousie, tromperie, avidité, grandeur, sagesse, mensonges, colère, compassion, bienveillance, amour, lutte de pouvoir, désespoir, espoir, doute…
Entre le monde des Dieux et le monde des hommes, pas de fossé. Le monde des Dieux comme celui des hommes est une maya, une illusion, une création de l’esprit : ce que nous voyons est différent de ce qui est, ce que nous percevons est fonction de l’éducation et des influences reçues. Notre savoir sur le monde conditionne nos perceptions. La Réalité suprême est au-delà des sens.

Les katha sont là pour éclairer l’illusion voilant la Réalité suprême. Aussi, inutile de compter les incohérences apparentes : les trois grands Dieux de la Trimurti sont tous trois décrits comme étant Celui qui engendre le monde. À leur mariage, Shiuw Ji (Shiva) et Parvati offrent une libation à leur fils Ganesh Ji , né après leur mariage. C’est ce qui donne lieu à beaucoup d’incompréhension de la part des Occidentaux, qui souvent décrivent l’hindouisme comme un fatras fantaisiste d’incohérences et d’inepties.

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Shiuw Ji et Parvati dansent le monde


Mais si l’oreille s’ouvre un peu à une logique différente de la logique cartésienne, au fil des histoires apparaît en filigrane une collaboration étroite des trois principes — création, conservation, destruction/recréation — en vue d’engendrer une "entreprise divine" chargée d’accomplir les travaux : un tel est Grand Architecte, un autre est Amour, un autre préside au clignement des yeux, un autre est Océan, Vent, Fertilité… Les grands Dieux, les "patrons", sont éternels. La mise en scène de leur naissance est un jeu, un "Lila". Leurs nombreux bras symbolisent le pouvoir acquis par celui qui s’engage sur le chemin de la connaissance, les objets qu’ils tiennent dans leurs nombreuses mains sont là comme des signes sur le chemin.

Contrairement à ce que nos pensons couramment en Occident, la tradition évolue, s’enrichit régulièrement de la compréhension et de l’interprétation de sages contemporains. De nouveaux Dieux apparaissent, telle Santochi Mata, produit de Bollywood. Les concepts de base traversent cette évolution et assurent la continuité.

Les Dieux sont parfois représentés dans des embrasses lascives, mais qu’on ne se méprenne pas : ils n’accomplissent pas l’acte sexuel. On me l’a maintes fois répété : " ce sont des katha, des histoires qui nous aident à comprendre le monde. Leur jouissance est intérieure. Ils jouent, et le monde est le produit de leurs jeux (lila) ". Inutile de chercher une logique rigoureuse dans ces histoires-enseignement, il n’y en a pas. Par contre, petit à petit, au fur et à mesure de la compréhension, se dessine une chaîne de cohérence infinie qui s’inscrit dans le corps, en résonance avec l’Univers.







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