Dans la société Hindoue, la Puja tient un rôle essentiel. C’est l’Acte, avec un grand A, à accomplir chaque jour. Cela explique l’indolence dans laquelle se passe le reste de la journée : les autres tâches sont secondaires.
Pour certains comme Déonath le coupeur de bois, la puja se limite au bain rituel suivi de quelques paroles. Il ne va jamais au temple. Son credo : Dieu est dans le cœur. Mais chaque matin, au moment exact où le Soleil se lève, toute l’année et quelle que soit la température, il va se baigner dans Mère Gange en répétant comme une supplique : « Sitaram Sitaram Sitaram Sitaram… » Il remonte ragaillardi en clamant : « Shiuw Shiuw Shiuw Shankar, Ram Ram Ram Chandr etc… Il me dit souvent : « mon Guru m’a chuchoté un mantr à l’oreille. C’est cela, la véritable initiation. L’oreille… »
Sa fille par contre, accomplit chaque matin le rituel classique devant un petit bananier qu’elle a planté et dont elle prend soin chaque jour. Il symbolise le Dieu Vishnu. Après le bain rituel, Indou s’agenouille devant l’arbuste et accomplit les gestes suivant :
aspersion d’eau de la divinité
marque de sindour
offrande de fleurs, de fruits, ou de graines
offrande des parfums d’encens
prononciation des paroles
une petite lampe de ghee est promenée devant la divinité
un bout de camphre est enflammé, le Feu est offert
prosternation
Depuis quelques mois j’expérimente la puja hindoue. Je cherche à comprendre.
Première observation : ça donne la satisfaction du devoir accompli.
Deuxième observation : en offrant de l’Eau, des fleurs, des fumées d’encens, des sons, du Feu, les cinq sens se focalisent sur cette réalité ultime : je suis une combinaison des Cinq Eléments. Les sons sont associés à l’Air, les fleurs à l’Ether, les parfums à la Terre, le feu au Feu, l’eau à l’Eau….
Troisième observation : la prosternation donne l’humilité d’accepter ce que réserve la journée. Tous les évènements survenants sont destinés à me faire grandir, si j’ai un angle de vue correct. La prosternation procure également le sentiment d’une fraternité avec les êtres peuplant l’Univers, comme si mon « moi » s’y dissolvait, l’espace de quelques instants.
Dernière observation : en offrant mon Temps, j’introduis un certain ordre dans la journée, dans l’espace, et dans mon esprit : il y a un avant, un pendant, et un après la puja. Il y a des endroits où les objets sont à leur place, et des endroits où ils ne le sont pas. Il y a des actes à accomplir avant d’autres, comme ranger mon espace de travail par exemple avant de me mettre à l’étude.