Le mariage de Shantanu

Au temps où la dynastie des Kurus de la lignée lunaire régnait sur le royaume d’Hastinpur, Ganga tomba amoureuse du roi Pratipa alors qu’il méditait dans la forêt. Celui-ci déclina ses avances, il avait déjà femme, enfants et petits enfants. Il lui proposa son fils, Shantanu. La déesse accepta à la condition expresse que jamais son mari ne lui poserait de question quand à ses actes. Shantanu promit, et tous deux, très amoureux l’un de l’autre, ne voyaient pas le temps passer. Ganga donna naissance à un fils, à la grande joie de son mari. Quelques jours plus tard alors qu’il entrait dans la chambre de Ganga, la servante l’informa qu’elle était partie à la rivière Gange avec le nouveau-né. Lorsque Shantanu s’y rendit, il constata avec horreur qu’elle avait jeté son fils à l’eau ! Lié par sa promesse et triste à mourir, ils rentrèrent et la vie reprit son ordinaire.

Dans les années qui suivirent, Ganga donna naissance à six fils. Tous, les uns après les autres, connurent le même sort que le premier né. Shantanu était devenu anxieux et tourmenté : son désir d’avoir un héritier qui lui succéderait sur le trône était devenu irrépressible.

À la naissance de leur huitième fils, il supplia la déesse d’épargner l’enfant. Ganga lui rappela sa promesse de ne pas questionner ses actes. Mais le roi ne put se contenir, et lorsqu’elle partit vers la rivière Gange, il l’empêcha d’accomplir son acte criminel, et la questionna. Voici ce qu’elle répondit : " O Roi ! Je suis la rivière Gange, et je ne pourrais plus vivre avec toi. Le temps est venu pour moi de partir, ainsi en ont décidé les dieux." Mais Shantanu fit appel à tout l’amour qui les unissait, la supplia de rester. Alors, des larmes remplirent ses yeux, et elle raconta l’histoire suivante :

"Je suis Ganga, et j’appartiens aux cieux. Dans une de tes naissances précédentes, tu étais un grand roi nommé Mahabhisakh. Un jour tu m’as aperçu à la cour d’Indra et tu est tombé amoureux de moi, et je t’ai aussi désiré. Les dieux en colère me jettèrent un sort, me condamnant à naître sur terre et à devenir ta femme. Les fils qui me sont nés étaient aussi des âmes condamnées à naître sur la terre. Elles m’ont supplié d’être leur mère, et de les tuer dès leur naissance, de façon à être libérées au plus vite de leur vie terrestre. Mais la huitième était condamnée à passer plus de temps sur la Terre, et c’est ce qui va se passer. Ne m’en veut pas, mon Seigneur : ce que les dieux font ne peut être défait. Ton fils sera le plus grand parmi les Pauravas montés sur le trône des rois de la lignée lunaire"

Ayant dit, Ganga disparut dans la rivière…







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