Le service du temple
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à l’approche du temple
temple hindou

Un immense banian, (Pipal)
abrite le temple de Bhola,
au bord de la grand-route coupant le tchok.
c’est la minuscule construction orange juste sous l’arbre. Tout à droite,
en orange aussi,
le réservoir d’eau alimentant le temple et le voisinage.


La circulation des camions et autocars
fait un bruit cacophonique.

C’est un de mes lieux d’observation préférés.
du fait de la relation à Bhola,
respecté et adulé de tout le voisinage.
j’ai bénéficié des même regards
sur ma petite personne.
les gens du quartier m’ont accueilli avec vénération…
L’étrangère qui parle leur langue,
chante leurs prières avec eux
et lit leurs textes sacrés…


le parvis du temple

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le parvis du temple
temple hindou



À l’heure de la sieste, la route est dégagée, le temple est fermé…
On peut observer sans être dérangé.
Puis-je guider votre regard ?
Voyez les feuilles de manguiers désséchées
qui pendent en guirlande tout en haut.
Le sac de toile de jute
accroché aux racines aériennes de l’arbre.
Plein de choses sont cachées là
qui ne se voient pas sur la photo
Un cadenas ferme une grille.
Au pied, le fond d’une bouteille plastique,
rempli de terre,
accueille les bâtons d’encens offerts par les dévots.

rituel de l’offrande

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Ce temple, j’y ai passé des heures…assise, là, sur le parvis. Bhola pose un vieux sac de jute au pied du banyan, l’étrangère, assise en lotus, questionne, est questionnée, observe, est observée…

Hommes, femmes, enfants
apportent lampes de ghi
fleurs
encens
sucreries
pièces de monnaie.
Agenouillés,
les mains jointes
ils prient.
font tournoyer des bâtons d’encens devant les déités,
se prosternent.
Bhola fait la marque de sindour sur les fronts,
verse trois cuillères d’eau bénite dans les mains :
le fidèle boit quelques gouttes
essuie ses mains sur ses cheveux.
Bhola donne quelques bonbons blancs
le prashad.
Des piécettes sont posées sur un petit plateau de marbre
orné des pieds de Ram.

« Nous nettoyons à l’intérieur »
disent invariablement les fidèles,
"le temple est un lieu d’échange : je viens donner et reçevoir."
Ils s’étonnent de mes questions :

« N’y a-t-il pas de temple dans votre pays ? »

le sanctuaire


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À l’entour d’Hanuman Ji

Le sanctuaire est si petit
que les visiteurs ne peuvent entrer
il est minuscule,
l’intérieur entièrement peint en orange.
Une statue d’Hanuman, orange, emplit l’espace.
À ses côtés, sur des étagères orange, des statues plus petites :
Shiva, Vishnu, Ganesh, Parvati…
Aux pieds d’Hanuman,
un grand Lingam de pierre noire
est recouvert de fleurs.
Bhola est à côté,
assis en tailleur sur un lit de kusha.

la prière du soir

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Bhola
prêtre hindou


Un peu avant dix-neuf heures,
des hommes et des enfants viennent s’asseoir sur le parvis :
ils attendent l’aarti.
Un homme torse nu,
la poitrine barrée du cordon des brahmanes,
une étoffe blanche autour des hanches,
arrive d’une maison voisine
en portant quelques gâteaux qu’il donne au prêtre.

A dix-neuf heures précises, Bhola enflamme un bouquet de bâtons d’encens, l’anime d’un mouvement circulaire en récitant des formules védiques à plein souffle. Sa poitrine monte, redescend, monte, redescend… De sa main gauche, il agite une cloche, de sa main droite, il offre les fumées…

Deux gamins tapent sur des assiettes de cuivre avec un marteau de bois, alternativement : « bangbang, bangbang… » Des hommes agitent les trois cloches pendues au plafond abritant le parvis : « bong bing bong bong bing… »

Je me tiens dehors, debout au milieu des hommes et d’une nuée d’enfants, ne sachant que penser. Tout cela produit un tumulte de résonances, je le laisse s’emparer de mon cerveau, absorbée dans l’instant, au bord de cette route et sa bordée de camions.

Bhola sort, bâtons d’encens et cloche en main, fait le tour du temple en le laissant à sa droite, va jusqu’à la route, offre fumées et tintement de cloche aux quatre directions, revient dans le temple. Il enflamme du camphre, dans un récipient mais aussi tout autour du lingam. Le Feu est passé en cercle, tournant de droite à gauche, devant les divinités, puis posé au sol.

Bhola verse quelques gouttes d’Eau autour, se saisit d’une conque, dans laquelle il souffle trois fois. Il y verse de l’eau avant de la reposer devant lui, sur les étagères oranges. Il se prosterne, touchant de sa tête les pieds d’Hanuman. C’est le signal de la fin, le tintamarre cesse, la flamme circule dans l’assemblée. Chacun passe ses mains au-dessus du Feu, touche ses yeux, ses oreilles, sa poitrine… purification des organes des sens, de l’esprit et du cœur.

Tout le monde se prosterne au seuil du temple. Chacun y va dès que la place est libre, pendant que le brahmane torse nu distribue la nourriture offerte aux Dieux. Les enfants du quartier accourent, gourmands. Les dévots se regroupent autour de Bhola. Il verse dans leurs deux mains réunies trois petites cuillères d’Eau. Les fidèles la font couler dans leur gosier, s’aspergent le sommet du crâne des gouttes restant, touchent les pieds du prêtre avec respect et s’en vont.

après la prière du soir

Parfois Bhola me fait signe de rester. Je continue mes observations aveugles en l’attendant. Il enlève respectueusement les colliers de fleurs de la poitrine d’Hanuman, ceux entourant le Lingam, les porte à son front, ramasse minutieusement le moindre pétale tombé, met le tout dans un sac de toile. Les fleurs sont sacrées, elles ne peuvent être jetées : elles feront une ultime offrande au Gange lorsque le sac sera plein. Pendant ce temps, son assistant lave les récipients ayant servi à l’aarti. Pour frotter, il utilise de la terre qu’il met sur une feuille de banyan. Il revient, essuie méthodiquement chaque objet avec des chiffons rouges, retourne au réservoir d’eau au bord de la route, lave les chiffons. Bhola arrange un rideau de chaque côté d’Hanuman : il l’installe pour la nuit. Les grilles sont tirées, le cadenas posé, par l’assistant, pendant que Bhola fait une dernière fois le tour du temple, en le laissant à sa droite. Nous cheminons ensemble en échangeant des nouvelles jusqu’au point où nos routes se séparent.







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