
26 octobre, arrivée à 8 heures le matin à Madras city. Passée l’après-midi à la mer, souffle vivifiant.
Samedi 29 octobre
Du mal à retrouver les repères, sentiment bizarre d’être étrangère en mon pays… L’impression qu’ici les pauvres souffrent plus qu’à Benarès. Moins de lieux peut-être pour les accueillir. Des visions horribles comme je n’en n’avais pas eu depuis longtemps, un vieux recroquevillé au bas d’un pilier, criant sa souffrance de tout son corps et surtout, de sa bouche tordue de désespoir… Des enfants grelottants sous la pluie, des vieilles allongées à même la rue, un coussin sous la tête, parfois, rappel commiquo-misérable du manque de tout.
L’Inde m’a pris dans toute la violence de son ventre, à l’endroit où les aliments se broient et se dissolvent. Il me faut quelques petits moments pour atterir… La vie est belle à tour de manivelle, la vie EST, tout simplement.
Je loge à la Broadlands guest house : nickel, du charme, l’équipe chef de bord aussi adorable que discrète, des chambres avec un mobilier confortable, style bureau, étagères… Et une localisation centrale. Money : 250 roupies la nuit pour une single, mais tellement agréable quand on arrive à Madras.
Dimanche 30 octobre : bifurcation !
Rencontre de Yvan, venu récupérer sa mère et sa sœur à Madras, les deux femmes sont émotionnées de leur voyage : elles n’on pas eu leurs bagages. Yvan se marie vendredi, à Tiruvannamallai, avec Danalakshmi, son amie Indienne. Tous trois m’invitent à se joindre à eux… Mmmm… C’t’alléchant… sur les 500 invités, dont certains viennent de loin, Ivan est seul avec sa petite parenté. Je crois que je vais changer mes plans, et aller à Rameshwaram – où je voulais passer les fêtes de Diwali - plus tard. Une occasion comme ça, c’est pas tous les jours.
Tirunvannamalai : je regarde avidement sur le lonely que je viens de dénicher dans le hall de l’hôtel. Wow, c’est là où la dispute entre Brahma et Vishnu s’est produite, quand à savoir lequel des deux est LE premier, LE plus grand, LE plus… Surgit alors entre eux une colonne de feu, dont on ne voit ni la base ni le sommet. Je passe sur les détails de l’histoire, mais c’est ainsi que le symbole de Shiva est devenu le lingam, en représentation de la colonne de Feu surgie entre Brahmâ et Vishnu. Cet événement important est l’objet d’une vénération particulière à Tirunavamallai : à chaque pleine lune, dit le guide… Il dit aussi que Tirunavamallai fait partie des cinq lieux de l’Inde représentant les cinq éléments, air, terre, eau etc… Tirunavamallai est le Feu, bien sûr.
Ainsi le destin m’envoie rendre un hommage à Shiva avant d’aller à Rameshwaram, lieu où Ram fait une consécration à Shiva avant de se rendre à Lanka lutter contre les démons. Let’s go to Tiruvannamallai !
Tiruvannamalai, une ville où depuis des temps immémoriaux, des ascètes contemplent l’Absolu. Dans une grotte au flanc de l’Arunachala, montagne sacrée où Shiva lui-même habite et qui surplombe la ville, Venkatraman entre en profonde méditation pendant quelques années. Cet ascète transfiguré, vivant dans une perpétuelle extase, est bientôt entouré de disciples qui le nomment Maharshi (Grand Sage).
« Est-ce qu’un être peut faire des progrès spirituels dans un corps animal ? » Ramana répondit : « Il n’est pas vrai que la naissance humaine soit nécessairement la plus élevée et que l’on ne puisse atteindre la réalisation qu’à partir de la condition humaine. Même un animal peut atteindre la réalisation du Soi ». (Ramana Maharshi)
http://www.geocities.com/RainForest/Jungle/7621/ramana.html