Mahashivaratri

Prochaine célébration 23 février 2009

La Grande (maha) nuit (ratri) de Shiva célèbre l’union du dieu avec sa compagne Parvati, le jour de la nouvelle lune du mois de Phalgun (février-mars). Shiva fait partie de la grande Trinité Hindou, la Trimurti, dans laquelle Brahmâ est le créateur, Vishnu le "mainteneur", Shiva représentant le principe de transformation.

C’est une nuit de jeûne et de prières et partout à travers l’Inde, les temples dédiés au grand dieu sont pris d’assaut. De nombreux fidèles se réunissent pour chanter des Bhajan, accomplir des Akandhpath.

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Le nom de Ram est écrit en lettre rouge




Le lingam de Shiva est baigné avec les cinq produits sacrés de la vache, la panchagaya - lait, yaourt, ghee, urine, et bouse - ces deux derniers éléments étant remplacés parfois par du miel et du sucre pour former la "panchamrit", ou les "cinq immortels (amrit). De la poudre de Sindour mélangée à de l’eau forme une sorte d’encre rouge, le nom de Ram est tracé sur des feuilles de Bilwa qui sont ensuite offertes au lingam.





Voici la Mahashivaratri 2002 : Extrait de "Sangam"
Lundi 11 au Mercredi 13 mars

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Dhrupad_2002


Un festival de musique parrainé par le Maharadjah a lieu chaque année à l’époque de Mahashivaratri : trois nuits complètes, du coucher du soleil à l’aube, pendant lesquelles les meilleurs groupes de dhrupad se succèdent. La dhrupad est une musique religieuse dont la tradition remonte au début du Xème siècle. Sous un immense chapiteau, une scène est abondamment décorée de fleurs. Le sol est tapissé de matelas blancs : c’est la place du public.

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inspiration



La musique est étonnante. Ce sont des chants de gorge profonde produits par un, parfois deux ou trois chanteurs. Ils sont accompagnés d’un pakhawaj, tambour traditionnel oblong à deux côtés, et d’une tempura, instrument à cordes. Les notes sont lancées, se développent, reprises par le ventre, remontent jusqu’au nez… Fascinant !

Lorsqu’un groupe a fini, musiciens et chanteurs viennent s’asseoir parmi le public. Devant le chapiteau, une grande table offre thé, biscuits, et petites collations. Nous y passons la nuit, fascinés, envoûtés…

À quatre heures du matin, nous devons partir : j’ai promis à Bhola d’être au temple dès cinq heures trente ce matin pour l’offrande de panchamrit, et je dois apporter le yaourt. Nous sommes déterminés à revenir ce soir, avec magnétophone et appareil photo, après avoir assisté au grand défilé annuel de Ramnagar organisé à l’occasion de Mahashivaratri. Un rickshaw nous emmène jusqu’au pont flottant que nous traversons à pied.

Nous nous baignons dans l’eau glacée du fleuve. Il fait encore nuit, mais la purification dans le Gange est indispensable avant de se rendre au temple. Une fois passé la difficulté d’entrer dans l’eau, nous avons l’impression de faire le plein d’une énergie calme et limpide. Se baigner à cette heure matinale est un plaisir intense, proprement délicieux. (…)

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Aanand, le fils de Surej Mishra, est devenu Shiva



Vers dix-huit heures, nous allons en compagnie de Déonath devant le fort d’où partira le défilé. Le fils de Surej Mishra a troqué ses jeans et ses baskets pour une peau de tigre : il est Shiva ! Monté sur un chariot, il se tient immobile, trident en main, en tête de nombreux chars sur lesquels d’autres divinités forment cortège.

« Je le fais depuis l’enfance »
nous lance-t-il. Il a vingt ans !

Des femmes portent sur la tête des lustres reliés entre eux par un fil électrique conduisant à des générateurs. La foule est partout. Déonath, heureux de toutes ces merveilles, fait les commentaires, nous emmène d’un chariot à l’autre, indique à Nath une bonne photo à prendre.


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éclairage portatif



Le convoi s’ébranle dans un joyeux tumulte. Arrivés au carrefour du tchok, nous laissons la fête se continuer pour nous rendre à Bénarès, assister à la deuxième nuit de la dhrupad.

Vers deux heures du matin, des cris venus du bord du Gange nous font sortir du chapiteau : le long du fleuve, des milliers de personnes marchent les unes derrière les autres à vive allure en scandant le mantr de Shiva. « Om namah Sivaya ! Om namah Sivaya ! » Un homme sorti comme nous regarder commente l’événement : « Ils font la Panchakroshi en une nuit ». Soixante kilomètres en douze heures, hallucinant ! Ils ne s’arrêtent qu’aux temples les plus importants.

Nous partons de la dhrupad au lever du soleil, et descendons le long du Gange jusqu’à la ghât principale. Nous allons prendre notre petit déjeuner au Tchandan restaurant. Le jeune garçon qui aide parfois au service, vend des cartes postales aux touristes, est assis là. Avachi sur une table, il tombe de sommeil. Depuis mon premier séjour, il a grandi. Je le questionne :

- N’as-tu pas dormi cette nuit ?
Il montre ses pieds enflés :

- J’ai fait la panchakrosi.
- Ce sont tes parents qui t’ont demandé de faire ce pèlerinage ?
- Non, c’est moi. On a décidé ça avec des copains. C’est la première fois.
- Tu n’as pas mal aux pieds ?
- Mes pieds ? Bof, ce soir ou demain, il n’y paraîtra plus. Mais ce que j’ai vécu cette nuit, ça restera longtemps !
Il a treize ans.







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