Elle est si douce,
si rayonnante d’amour,
d’une sérénité si profonde,
cette Cueilleuse de mangue, cette hors caste…
Elle est d’une intelligence si fine,
si pénétrante…
Elle est irrésistible.
Ses mains sont comme des battoirs,
larges et puissantes.
Sa peau, tellement sèche, fait des grosses écailles.
La femme à la peau d’écaille,
c’est ainsi que je la nomme en moi-même.
Elle me parle de sa grande maladie,
envoie sa fille fouiller la maison pour trouver une photo,
la seule photo d’elle avant sa maladie :
j’en suis baba tant elle est belle.
Plus je la connais,
plus j’admire sa nonchalance tranquille,
sa présence heureuse.
Elle comprend avec ses yeux,
ne me dérange jamais quand je travaille,
vient masser mon dos,
mes reins,
mes membres
quand elle estime que j’ai trop marché…
Elle frappe à la porte,
doucement,
me lance un regard…
un regard qui mélange la joie,
l’amour,
le rire,
la souffrance…
Plusieurs articles du journal parlent d’elle :
Mamie dans la cuisine :
une vidéo de la fabrication des chapattis
Une visite à l’hôpital
Mamie est malade !
Déménagement à Bénarès
Mamie est triste : "son eli" s’en va…