Mauni baba









À l’époque du Ramlila,
de nombreux sadhus viennent passer un mois ou plus à Ramnagar.
Chaque jour, de la nourriture leur est envoyée du palais par le Maharadjah : riz, lentilles, épices…
Ils s’installent dans des ashram autour du village,
cuisinent ensemble.
Mauni baba y passe chaque année une paire de mois,
et ce depuis plus de quinze ans.
Personne n’a jamais entendu sa voix… Il s’exprime par geste, tout le monde le comprend…
Il transporte toujours toutes ses possessions avec lui.




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en chemin








La première année où j’ai eu l’occasion de le côtoyer, il foudroyait l’étrangère du regard… Moi j’étais très impressionnée, par sa quasi-nudité, son silence, sa foudre, sa détermination… Je le croisais souvent au chowk en faisant mes courses, et j’étais surprise par le respect des commerçants à son égard. Chacun lui offrait qui des bananes, qui un concombre… Il faut croire que j’ai dû l’impressionner aussi, car nous avons fini par devenir des amis. Son regard s’est alors transformé en quelque chose de si doux…






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distribution de prashad









Chaque jour du Ramlila, Mauni baba distribue un Prashad apprécié de tous : c’est un mélange de fruits secs coupés en petits morceaux, qu’il fabrique grâce aux dons des commerçants de Ramnagar. Il faut voir l’empressement des mains qui se tendent, les yeux qui brillent… car parmi les milliers de personnes se pressant au Ramlila , seuls quelques élus ont droit à ses faveurs. J’ai vu cet homme en pleine cérémonie solennelle, présidée par le Maharadjah, le genre de cérémonie où personne ne bouge, personne ne parle, se lever, traverser l’espace de la scène, presque nu et mal peigné, pour aller donner un poignée de nourriture bénite… Il jouit d’un grand respect. Néanmoins…



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Courtoisie de Govinda Narayan Pandey
Brahmalin shri mauni baba en méditation. Sur son torse, le nom de Ram






Au fur et à mesure du temps, on m’a parlé de son prédécesseur, Brahmalin, un autre baba silencieux. Il venait d’Ayodhya chaque année, jusqu’à sa disparition en 1983. Son nom est prononcé avec émotion. Celui-ci ne lui arrive pas à la cheville m’a-t-on dit. Pourquoi ? Il vend de la ganja… Faire du commerce n’est pas autorisé à un sadhu. Alors pourquoi est-il autant respecté ? Il est sincère, et accomplit son voeu de silence sans faillir.

















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