Namasté Rishikesh




Face aux ghât de Ramjhola, une dame lave son coeur… Le long du fleuve s’étend Rishikesh. Il y a ce "quelque chose" dans l’air qui donne envie de s’arrêter.

Lorsque j’ai demandé au libraire la signification de « Rishi Kesh », il m’a expliqué comment les sages méditaient, dans le passé des âges, quand le temps était dans le temps. Il a tendu ses bras en avant, fermé ses yeux, et m’a raconté sa vision comme un témoin de la scène :

- Ils étaient en communication avec l’au-delà de l’homme. Ils n’étaient tellement plus concerné par rien de matériel que leurs cheveux poussaient, s’amalgamaient à la terre, en une montagne de jatha, de « locks » et cela devenaient des « kesh ».

Telle est la signification de Rishikesh : les cheveux des sages. De là sont venu les Védas, entremêlés du Manushastra, de toute les écritures, et du Ramayana… Valimiki, l’auteur, est connu pour ses jatha devenus termitières durant sa longue méditation. Son nom signifie « recouvert de fourmis »… Avant sa vie d’ermite, il était bandit de grand chemin et s’appelait Ratnakar, signifiant : « … ? (hum, j’ai oublié) »

Les jatha servent d’antennes de réception, pour capturer l’au-delà du visible… Elles sont le symbole même de la renonciation des sâdhu aux affaires du monde, c’est ce que célèbre Rishikesh.






Les ghats de Rishikesh ont un charme campagnard avec une élégance védique. Ici pas une poule, pas un œuf, la pureté est "totale", pas de savon dans le Gange, des vaches partout, des chants sacrés et des bhajans entremêlées de l’écoulement du fleuve. Partout des dieux, sur les portes, sur les ghâts, les murs… Ici Arjuna debout sur son chariot, en route pour la bataille de Kurukshetra, écoute les enseignements de Krishna quand à l’art du guerrier. C’est un épisode du Mahabarata.




Toutes les activités, depuis le Dhobi au tailleur sont « parquées » de l’autre côté, sur la rive droite. Comme à Bénares, les activités religieuses se déroulent essentiellement, mais pas seulement, sur la rive gauche du fleuve. Lorsqu’on fait face au Gange, il coule vers notre gauche, comme à Bénares. On est pourtant inversé, car de Bénares on fait face au lever du soleil sur le fleuve, à Rishikesh, il s’y couche. La rive regarde l’Ouest.

Dans l’hindouisme, chacune des directions de l’Espace est dotée de qualités, aucun détail concernant l’Espace et le Temps ne sont anodins. Ce qui confère une qualité particulière à Bénares, c’est que le Gange, en un croissant, coule du Sud vers le Nord, et non du Nord au Sud comme sur le reste de son parcours.


Le nombre de Sadhu y est élevé. Il y a les pauvres hères, mais aussi tous ceux qui résident de ci de là au bord du Gange, dans un abri qu’ils se sont construit ou qu’un ashram a mis à leur disposition. Ils ne viennent pas demander leur soupe aux ashrams, ils ont des « chela », des élèves, qui parfois sont des sadhus qui ne font que passer. Ils servent les guru dans un esprit de reconnaissance et de respect pour ce qu’ils sont. Ils s’adressent à lui par « Guru Ji », bien que quand je leur demande s’il est leur Guru, la réponse est souvent négative. Non, ils ne restent pas près de leur Guru.








J’ai poussé jusqu’à Triveni ghat, sur la rive droite, au bout de la ville. Il y a là un « kund » ou puit, qui contient l’eau de la Yamuna, et où Ram et les rishis venaient se laver, à l’époque, quand le temps était dans le temps. Les auteurs des Védas et de tous les shastr sont venus méditer là. Un prêtre m’a dit que là coulait le Gange, la Yamuna, et la Sarasvati. Une Sangam, un « trois ».








Amour











C’était le dernier lundi – jour de Shiva – du mois de Shravan, mois (lunaire) consacré à Shiva. Je savais qu’il y aurait une activité religieuse plus intense qu’un jour ordinaire. J’ai photographié des femmes venues faire des puja aux nombreux Lingam peuplant la ghât,




















et aux arbres. Ca me fascinait de les regarder…













Je suis allée à Deoprayag, où se trouve la sangam du Bhagirati avec l’Alaknanda, lieu de naissance du Gange. A sa source, lorsqu’il sort de Gomukh, "la bouche de la vache, il se nomme Bhagirati, en souvenir des pénances du Roi qui a obtenu La descente du Gange sur la Terre Ce n’est qu’en rejoignant l’Alaknanda que le fleuve devient le Gange, issu du triangle formé par deux fleuves, enfanté par l’union, la Sangam de Bhagirati avec Alaknanda.





SANGAM



Après avoir roulé des montagnes vers les plaines, le Gange rencontre la Yamuna, à côté d’allahabad, à Prayag roi des pèlerinages, Là il acquière la force d’une nouvelle union, dans un nouveau triangle qui donne une nouvelle naissance au fleuve, il devient « deux fois né ».











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