Pondichéry

20 Novembre 200S



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Ecrit en français/tamil




Mon train arrivant de Maduraï me laisse à 40 km de Pondichéry, à 1h30 du matin… Rien d’alarmant, le tea-stall est ouvert, ça vaque sur les quais de la petite gare de Villupuram. J’entends un Indien prononcer le mot de ma destination. Il va bien au même endroit, sa moto l’attend devant la gare. Le prochain bus est à 3 heures, il me propose de m’emmener. Une heure de vent glacé, mon sac à l’épaule, il me laisse dans une rue déserte bordée d’hôtel. Aucun mal à trouver une chambre. Nous parlons quelques minutes avant de nous saluer : Chandra vit à Auroville depuis 6 ans, avant il habitait dans le Kerala. Il dit qu’il apprécie la vie de l’ashram, qu’il n’y a pas de guide spirituel, mais un mode de vie où tout est fait pour que chacun ait du temps pour méditer. Une assez bonne impression de cet ashram, qui se confirmera lors de mon séjour, en discutant à droite à gauche : la majorité des commerces de Pondy ont un lien avec, beaucoup appartiennent à l’ashraam… Il semble qu’il y ait une majorité d’Indiens.





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Quel style !







Pondichéry secrète une atmosphère coloniale, accentuée par les plaques des noms de rue : « Rue Montorsier », « Ruelle Saint Antoine », « Quai D’Ambour »… Quai d’Ambour justement des hommes jouent aux boules. Eh oui, la France a laissé plus qu’une empreinte.









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Jeu de boules



Ici, c’est sérieux, on joue avec de l’argent, les billets de 10 roupies passent de mains en mains, les discussions se passionnent… Je n’en dirais pas plus sur Pondy, un site très bien fait fournit toutes les infos, et plus, et en français Pondichery.com J’ajouterais seulement que la pauvreté crie ici plus qu’ailleurs, du fait des nombreux étrangers vivant dans un luxe peu en rapport avec l’Inde. Beaucoup de jeunes papis et mamies viennent y passer l’hiver, ils sont assurés de leur steak, leurs croissants et confiture… Pour moins d’une centaine d’euros, on trouve des logements confortables et charmants, et la vie est si douce à Pondy… chéri.






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Sumati, la secrétaire de "Couleurs de l’Inde"




La plus grande partie de mon temps, je l’ai donné à l’Association « Couleurs du Monde » où Colette, la fondatrice, m’avait invitée. J’avais envie de voir d’un peu plus près le fonctionnement de ce genre de structure. Ca tombait bien, une période de rush, la visite des mères au bureau de l’association pour l’envoi des bons vœux aux parrains et marraines. Comme la traductrice avait un empêchement, je l’ai remplacée. Sumati la secrétaire traduisait du tamil vers l’anglais, moi j’écrivais en français. Les femmes sont si touchantes : « Je prie pour vous tous les jours » disaient-elles dans leurs lettres aux parrains, « pourquoi ne m’écrivez-vous pas ? » « Envoyez-moi une photo de vous, les enfants réclament de savoir »…






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Colette avec…
Mme Basant Kumari et ses deux enfants. Son mari est mort de la tiphoïde, elle habite avec sa mère, et travaille malgré une maladie de coeur qui lui mine la santé…


Grâce aux 120 euros reçus tous les six mois, les mères ont de quoi envoyer leurs enfants à l’école, les soigner, les habiller. J’en ai rencontré une bonne trentaine, tout en regardant les dossiers de chacune : beaucoup sont endettées par des frais médicaux occasionnés par la maladie du mari avant sa mort, ou par les frais d’enterrement, de crémation : l’association aide les nécessiteux sans distinction de religion : chrétiennes, hindous… La plupart travaillent, reçoivent des cartes de rations du gouvernement et un peu d’argent, mais tout cela reste maigre… Le parrainage des familles françaises est hautement apprécié. L’argent est mis à la banque, les mères ont un livret de compte, ne peuvent utiliser que la moitié des 120 euros. Le reste est réservé pour les « au cas où », ou faire un micro-crédit et démarrer une activité. La totalité du don va sur leur compte. Merci à tous les parrains marraines, et à Colette !






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Jeanne d’Arc nour racompagne à la porte de sa hutte…


Cerise sur le gâteau : ma visite a coïncidé avec un événement se déroulant dans la famille parrainée par Colette. J’ai assisté à un rituel de puberté dont je n’avais pas encore entendu parler. Jeanne d’Arc (ne riez pas), était parée comme lors d’un mariage ; les gestes effectués, les objets utilisés, sont très similaires à ceux du mariage. Sauf que… au lieu d’une nuit de noce, la jeune fille doit rester 10 jours sans sortir de la maison, aucun homme ne doit la voir. Nous sommes retournées la visiter deux jours après le rituel, un repas se préparait, ses sœurs et voisines tressaient des guirlandes de fleurs dans la courette, 10 jours de fête… Trois mois plus tard, Jeanne d’Arc sera officiellement déclarée « mariable », lors d’une nouvelle fête… La famille ne parlait que le tamil, mon hindi ne m’a pas permis de creuser la question. J’enquêterais dans le Nord. Ah ! Pourquoi Jeanne d’Arc ? Le père était catholique, la mère est Hindoue. En Inde, rien est impossible !


Infos pratiques : Autour de Nilgiri’s, près de Mission street, les hôtels s’alignent, du plus simple au plus confortable. Position centrale. Demander Nilgiri’s, le grand magasin de Pondy, tous connaissent. On y trouve même du camembert ! Si je n’y ai pas gouté, j’ai craqué pour un gâteau, le « Death by chocolate » au resto faisant anti-chambre du Sify Iway Internet café près du canal. Absolutly delicious. Et même pas cher. Et j’ai survécu.











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