L’Occident en général a interprété le détachement (tyag), le renoncement (sannyas), et l’indifférence (udaasin) comme une insensibilité à tout, un non ressenti du plaisir, de la joie, de la peine, du chaud et du froid. Je me souviens des railleries des universitaires, lors de mon passage à Paris 8, devant ce qu’ils appelaient « un état de légume bouilli, d’apathie, d’inertie ». À examiner de plus près, à étudier les textes et fréquenter des Hindous, il s’agit de quelque chose de plus complexe. C’est l’attachement aux objets du désir qu’il s’agit d’abandonner : goûter les plaisirs qu’ils procurent sans s’attacher à ces plaisirs. Ce qui nous attache, ce n’est pas un objet en lui-même, (un être, un corps, un enfant, une maison, un vêtement) mais le plaisir obtenu grâce à cet objet. Cultiver une parfaite indifférence signifie ne pas dépendre, dans son état émotionnel et psychique, du plaisir ou de la douleur occasionnée par la relation à ces objets. Cette parfaite indifférence, « udaasin », s’obtient par un contrôle continu du mental et un
Contrôle total des émotions. C’est là tout l’enseignement que donne Krishna (Vishnu) à Arjuna dans la
Bhagavad Gîta.
|
Accueil |
Plan |
Haut de la page |
Ajouter un commentaire