Sri Sailam est une ancienne terre sacrée de l’Inde, un lieu de pèlerinage populaire de l’Andhra Pradesh. Le temple dédié à Shiva abrite Mallikarjuna, l’un des douze "jyotir lingam" ou "Ling, Lingam. de lumière" que vénèrent les Hindous. Celui-ci est tout petit, à peine une bosse émergeant de la yoni. C’est le seul des douze auquel les dévots sonts autorisés à faire des offrandes eux-mêmes. La coutume est de le toucher avec la tête. Sa consort, Bhramarambika est l’une des 18 Shakti, ce qui fait de lieu un "shakti pita", ou terre de pouvoir.
Le mur d’enceinte, monumental, a une longueur totale de 650 mètres pour une hauteur de 6 mètres. Formé de 3153 pierres gravées du côté extérieur, il conte les légendes reliées au lieu : histoires de princesses, de déesses, ou encore l’histoire du Barattage de l’Océan de lait, et même des Chenchus, une tribu vivant dans les forêts à l’entour, et qui seraient à l’origine de ce temple. Encore aujourd’hui, ils occupent une place privilégiée dans le fonctionnement du temple. Une promenade autour du mur est une réelle aventure, pleine de rencontres étonnantes…

L’enceinte forme un quasi-carré au centre duquel se trouve le sanctuaire principal. On y accède après un labyrinthe de couloirs et de grilles où les pèlerins attendent patiemment leur tour pour le Darshan (darsan) de Malikarjun. Une série de Mandap, ou "chambre ouverte" jalonne le parcours :
Entre deux et six heures se sont écoulées lorsque les pèlerins parviennent enfin au Garbagriha, et peuvent assouvir leur soif de dévotion envers Malikarjun. Je dois dire que j’ai beaucoup apprécié ce Darshan (darsan), les prêtres laissent le temps aux dévots de se recueillir, on est pas bousculé, comme parfois dans les sanctuaires importants. (Les photos à l’intérieur du sanctuaire sont interdites)
Le temple est grouillant d’activité. Cours et corridors sont parsemés de divinités auxquelles les fidèlent adressent des prières intenses.

De jeunes élèves apprenent le travail de prêtre, des femmes prient de ci-de-là, des groupes de dévots chantent des bhajan… Tous accueillent mes questions et mon appareil photo avec le sourire…

Beaucoup à dire encore sur Shri Sailam…
Ne pas manquer la cascade de Paladhara, à quelques 3km, et surtout, surtout, le Sikaharesvaram : c’est le plus haut pic de la région, environ 900 m. La coutume veut que celui qui voit le temple de Malikarjuna de ce lieu est débarassé de toute renaissance : libération. La balade vaut le coup.
Situation :
Perché sur le plateau des montagnes de Nallamai, au nord du district de Kurnool, Shri Sailam est entouré de forêts luxuriantes, de rivières et de cascades. Très rafraîchissant et agréable, on peut facilement y passer une semaine sans s’ennuyer, les gens sont absolument adorables. A partir d’Hyderabad (283km) ou d’ailleurs, il faut prendre un train jusqu’à Markapu. Les 85 km restant se font en bus, compter 3 heures. Les départs sont fréquents, pas de souci.
Une autre route : Train jusqu’à Nandyal, puis bus. C’est selon d’où l’on part…
Logements :
Outre un hôtel privé un peu cher, de nombreux "centres d’hebergements" accueillent les pèlerins. Ils sont ouverts à tous, on y trouve des chambres tout confort pour 200 à 300 roupies la chambre, et même à 50 roupies si l’on est spartiate. La seule condition : être deux. Devant mon insistance à comprendre, on m’a finalement répondu : c’est pour éviter les suicides ! Shri Sailam est un lieu de pouvoir…
Quand ?
Le meilleur moment est en hiver, entre novembre et mars. La température y est douce et agréable, un régal. Inutile de réserver un chambre, sauf lors de la fête de Mahashivaratri. Célébrée avec faste, le jour de lune noire de février mars, elle attire la foule…