La Trimurti est "la forme du triple", "tri", trois, "murti", forme, représentant l’Unité Suprême en action, elle même étant non-agissante. Les trois aspects de l’Être Suprême sont des entités interdépendantes : leurs actions convergent, aucun principe ne peut agir sans l’aide des deux autres. Ils sont engagés ensemble dans le processus de vie : tout ce qui existe dans l’univers est créé, préservé, et détruit. Tout ce qui existe dans l’Univers s’inscrit en Relation à un Temps et un Espace.
Trimurti : au centre, Brahma. À sa droite Vishnu, à sa gauche Shiva.
Brahmâ
est un principe de Relation : dans les histoires, c’est lui qui établit le lien entre les hommes, les démons, les dieux, et le Seigneur. Il est le Maître de la Parole, vatch,, par laquelle les êtres entrent en relation les uns avec les autres. La qualité (Guna) qui lui est associée est "rajas", intermédiaire entre le sombre et le lumineux. C’est un Dieu neutre, atemporel, ne s’inscrivant pas dans l’opposition : bien/mal, chaud/froid, esprit/matière. La Relation elle-même est différente de ce qu’elle lie.
Dans le monde humain, ce principe serait l’outil au service de celui qui le tient : détruire, construire, soigner, tuer, frapper, caresser… L’outil en lui-même — les organes d’action du corps sont aussi des outils — n’a aucune préférence.
Vishnu est le principe de l’Espace, et de tout ce qui est tangible ou visible : la Terre, l’Eau, la Lumière. La qualité qui lui est associée est "sattva", le lumineux. C’est un principe d’ordre, de stabilité, d’amour, de richesse, de sagesse et de beauté.
Dans le monde humain, il est l’Homme parfait, réalisé au summum de ses possibilités.
Shiva est le principe du Temps, le temps nécessaire à la transformation. Y sont associés la chaleur, l’intangible, l’invisible, la laideur apparente : sa beauté est intérieure. Son domaine d’action s’étend sur la qualité sombre. Par sa danse puissante, il crée le désordre permettant l’évolution, la transformation. Son pouvoir est celui du Feu : détruire les impuretés.
Dans le monde humain, Il est l’homme libéré de la chaîne des existences successives.
La logique occidentale fonctionne sur l’exclusion, raisonne par ou/ou. La logique Hindoue serait plutôt et/et : les Hindous ne vénèrent pas l’un des aspects à l’exclusion des deux autres. S’ils ont une divinité d’élection, ils n’en honorent pas moins les trois « personnes ». Si l’on prend le cas de l’ascète, par exemple : par la répétition des Mantr (mantra) créés par Brahmâ, il se concentre sur la représentation de Shiva, ce qui nourrit son Feu intérieur et l’aide à dérouler son énergie potentielle. Vishnu lui montre la voie de l’union : la connaissance, le connaissant, l’objet de la connaissance — la méditation, le méditant, l’objet de méditation — se fondent dans l’action « inactive » : il n’y a pas un sujet agissant sur un objet. L’action, produite à la fois par le sujet et par l’objet, est le lieu de leur fusion.
Dans les histoires et les Écritures, chacun des Dieux est le plus grand, chacun est plus chéri que l’autre dans le cœur des fidèles. Les trois divinités sont présentes dans les temples, d’une manière formelle ou symbolique.
Hanuman
par exemple, est le fils biologique de Shiuw Ji, son père d’adoption est Vayu, le Dieu du Vent, Vishnu emplit son cœur (sous la forme du couple Sita Ram, Brahmâ lui a donné le pouvoir de vie éternelle. Près de la murti d’Hanuman, se trouve en général un lingam signe réunissant en lui les trois aspects de la Trimurti.