
Je n’ai pas la force de continuer à travailler sur le site. Dans un sursaut d’énergie, je me pousse jusqu’à Samné Ghat où le vapeur a repris sa navette. Il est rempli de femmes accompagnées de leurs enfants et de leur mari, tous vêtus de neuf, avec des valises à leur pied : demain c’est raksh bandan.
Sur le chemin qui me ramène chez moi, un homme du quartier me rejoint, s’enquiert de la date de mon arrivée de France – ça doit faire la centième fois que je réponds à la question- quand soudain il fait un bond de côté en émettant un sifflement rauque. Un cobra se tortille au pied du mur bordant le chemin, encore plus affolé que l’homme. Je le regarde, immobile. Il longe le mur - il fait un bon mètre cinquante- trouve enfin un passage et disparaît. « Vous voyez, il a eu peur lui aussi » dis-je à l’homme en état de choc.
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