Us et coutumes des Hindous



Le respect


On ne respecte jamais mieux ce que l’on comprend de l’intérieur. Avoir une attitude extérieure de respect, c’est bien. Mais si l’on ne comprend pas et que quelque part on juge leur dévotion ridicule, arriérée, superstieuse etc, le mur séparant les cultures s’épaissit. Ce site tente de faire pénétrer le voyageur dans la philosophie hindoue en acte. Dans ce pays, la philosophie ne se contente pas d’idées abstraites. Ici sont concentrées quelques idiées essentielles.


Rite religieux


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Bain rituel - Benares


Un des premiers principes caractérisant l’hindouisme est l’obligation de se laver entièrement chaque matin. Les excrétions du corps sont considérées comme impures - salive, sueur, morve etc… Dans le sommeil, elles peuvent se répandre de manière incontrolée. Le Bain rituel commence donc la journée d’un hindou. Les musulmans ont une injonction similaire et font leurs ablutions plusieurs fois par jour. Il va sans dire qu’ils ont du mal à comprendre qu’il n’en soit pas de même pour les Occidentaux considérés comme sales, à plusieurs titre… La notion de propre/sale est avant tout culturelle. Le voyage permet de s’en rendre compte.




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Prayag - Allahabad

Ensuite chacun se purifie à l’intérieur, soit au temple, ou au bord des rivières sacrées, auprès des arbres, ou encore chez soi. Il s’agit d’offrir une pensée aux forces gouvernant l’Univers, incarnées sous différentes formes, différents dieux, différentes entités. Les Hindous se sentent redevables de ce qu’ils ont, de ce qu’ils sont, et éprouvent le besoin de remercier afin de se sentir en paix. De nombreux symboles sont impliqués dans cette Puja quotidienne, ainsi que les cinq éléments : eau, terre, air, feu, ether (sous la forme de sons).





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Sri Sailam - Andhra Pradesh

En témoignage de cet accomplissement, les hindous portent un signe sur le front, le Tika, ou Tilak. Le rituel se termine par la distribution de Prashad (prasad). Dans un élan à vous associer à la Bénédiction, il se peut que l’on vous en offre : le prendre respectueusement, et si le manger n’est pas tentant, le ranger dans un petit plastique, et l’offrir à un animal, un fleuve, ou à un pauvre en lui précisant que c’est du "prashad".

Pudeur

- Les épaules et les jambes des femmes sont toujours couvertes.
- Contrairement à ce qu’il en est pour nous, photographier des rituels, des gens en train de prier, des misérables n’est pas impudique. Bien sûr, mieux vaut demander l’autorisation des intéressés le plus possible. Si l’attitude intérieure de l’étranger est sincèrement respectueuse, peu lui refuseront sa requête. Mais si c’est le cas, inutile de s’en offusquer.
- Regarder les gens avec insistance, les écouter parler, chercher à entendre ce qu’ils se disent n’est en général pas considéré comme une impolitesse. Cela est vrai dans les deux sens. Il peut donc nous arriver d’être importuné par un curieux qui écoute notre conservation ouvertement et sans éprouver la moindre gêne.

Du pur et de l’impur

Le mot désignant un objet souillé est "Jutha". Les occidentaux n’ont aucune conscience des conséquences de cette conception. En voici quelques unes :
- Porter un objet à la bouche (un stylo, une bouteille, un peigne à cheveu, son doigt) le rend polluant aux yeux d’un hindou.


- Un nourriture qui a été goûtée est "jutha" : proposer à un hindou de boire à sa bouteille après y avoir porté ses lèvres peut lui paraître insultant.

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Benares - Uttar Pradesh
Boire l’eau à la régalade afin de ne pas souiller le récipient. Peu d’entre nous y arrive…

Les hindous se lavent systématiquement les mains après avoir mangé, de façon à ne pas souiller ce qu’ils touchent. Les tchaishop ont en général un réservoir, ou un récipient destiné à cet usage. Un gobelet platique y est accroché. Mieux vaut demander à quelqu’un de nous faire couler l’eau sur les mains. Sinon, il suffit d’observer comment ils s’y prennent.




- La main gauche est réservée aux usages impurs, comme se laver le derrière. S’en servir pour tendre un objet ou de l’argent est un manque de respect. Le top : utiliser les deux mains pour donner ou recevoir quelque chose, c’est un signe de respect.

Les implications de cette conception dans le comportement quotidien sont développées dans le glossaire à l’article Jutha : du pur et de l’impur. Cf. les articles reliés colonne de gauche pour d’autres us et coutumes.













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