vendredi 12 novembre 2004 : 
Vol d’oiseau.

Suite du dernier texte d’octobre "La religion : pour les pauvres ?" , un dialogue imaginaire…

Levé de soleil sur le Gange.
Levé de soleil sur le Gange.


- Seuls les miséreux on besoin de se raccrocher à la religion
- Non, la religion, c’est pour les riches ! Aux pauvres, il reste Dieu.

- Allons Eli, un peu de sérieux !
A l’heure des chariots électroniques,
A l’ombre des grilles électriques
A l’aune des cartes automatiques
A l’oreille, tu veux nous parler de Dieu ????
Sur la grande toile du net ????

- Euh, ben c’t’a dire que… A Bénares, il est à tout les coins de rue, et même dans ta main, que dire de ton cœur… !!!

- Oui bien sur, c’est pareil dans toutes les religions : Dieu est omniprésent.

- Mais ici, ce n’est pas une façon de parler, c’est une réalité qui a ses conséquences et règle la vie des êtres, des non-êtres, et de l’univers dans sa globalité. En tout cas de l’Univers tel que les Hindous se le représentent, avec ses milles soleils, ses cent mille bras, ses centaines de milliers d’années d’existence…

- Hola ! La question est : pourquoi dis-tu que la religion, c’est pour les riches ?

- Pour accomplir des cérémonies religieuses, il faut des piécettes en pleins sacs. Pour prier, il suffit d’un cœur sincère.
- Ah, oui mais un cœur de croyant ! Croire, ça tranquillise, ça sécurise, ça réconforte, ça évite de réfléchir…

- Qui parle de croire ? Ne sais-tu pas que tu dépends de l’Air que tu respires, de l’Eau que tu bois, des aliments dont tu nourris ton corps ?

- Et alors ?
Vol d'oiseau.
Vol d’oiseau.

- Ben c’est tout ! Sans ces éléments, tu meurs. Ca ne te suffit pas ?
Tu préfères te cacher derrière les diatribes du croire ou ne pas croire ?
Tu prends, et tu ne trouves pas « correct » de remercier ?
Remercier l’Univers, ou son intelligence extravaguante, ou ce que tu veux, tout simplement.
Offrir quelques minutes de temps l’esprit centré sur cet essentiel, c’est déjà produire une force d’amour qui répand ses vagues sur la vie. Et qui sait si ça ne peut pas changer la marche du monde ?
C’est là ou on s’approche du domaine de la croyance, ou des « convictions intimes », reposant sur des supputations incertaines. La question du croire ou ne pas croire ne s’applique pas dans notre relation à l’univers. L’air qu’on respire en est l’évidence permanente.

…" Comment croire ?" demande Becdanlo dans un beau poème, en réponse au dernier texte d’octobre, qu’il termine ainsi « Pourtant que c’est beau, lorsqu’au lever du soleil, au bord d’un fleuve majestueux, la grâce nous saisit et qu’à l’appel lointain d’un oiseau tout notre être n’a que ce cri : « Prends-moi ! Je t’en prie ! »

- Prend l’univers, alors l’Univers te prendra. Empare toi du trésor qu’il recèle en son cœur afin que le tien résonne à l’unisson.







| Accueil | Plan | Haut de la page | Texte suivant | Ajouter un commentaire
Administration